| Critère 26 : « Pour chaque ligne de prescription, le LAP permet à l’utilisateur d’indiquer la durée, la posologie, un motif de la prescription, de spécifier si le traitement est prescrit dans le cadre d’une ALD exonérante et s’il est prescrit comme traitement au long cours ». |
Le motif de prescription étant soumis à secret professionnel, il n’est pas question de le voir inscrire sur l’ordonnance : son seul intérêt est le contrôle par le LAP du respect des critères de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) ou de la prescription dans le cadre de l’ALD. Le fait « de spécifier si le traitement est prescrit dans le cadre d’une ALD exonérante » a donc une autre signification que le simple respect du bi-zone, ce que tout logiciel fait actuellement correctement.
Il existe trois tests dans le cadre du critère 26 dans sa partie « motif de prescription » et « ALD »
| Test 23
Ex., scénario 4 : "Noter un traitement au long cours par GLUCOPHAGE® comprimé 1000 mg 1 le matin, midi et soir, déclarant comme motif "diabète". Si le LAP impose la saisie d’un auteur pour cette prescription, indiquer qu’il s’agit de l’utilisateur actuel du LAP"
Test 55
Ex., scénario 3 : Prescrire en spécialité pharmaceutique EFFEXOR® 50 mg comprimé 1 matin, midi et soir pendant un mois. Noter pour motif de cette prescription "dépression"
Test 60
Ex., scénario 5 : "Créer un dossier pour monsieur EE E âgé de 60 ans et lui prescrire en spécialité pharmaceutique DIGOXINE NATIVELLE® 0,25mg comprimé 1 le matin 12 semaines dans le cadre d’une ALD exonérante" |
Comme on peut le constater, il n’y a aucune directive pour vérifier si le résultat du test est valide ou pas : le prescripteur inscrit « diabète » ou « dépression », la certification va vérifier que le médecin peut inscrire via son LAP « diabète » ou « dépression », mais ne vérifie aucunement les conséquences éventuelles de cette inscription. Le test 60 vérifie l’inscription au titre ALD, mais ne va pas au delà dans le cadre du respect du bi-zone.
A quoi peuvent donc servir ces exigences du référentiel de certification des LAP ? Visiblement, à rien... dans l’immédiat, mais sans doute pas dans le cadre d’une évolution du référentiel quand les éditeurs de bases de données médicamenteuses (BDM) seront prêts.
Les LAP actuels ne proposent rien ; mais étudions ce qui se prépare chez les éditeurs de BDM.
Chez VIDAL
Pour l’instant, VIDAL Expert permet seulement d’inscrire un motif de prescription, mais ne va pas au delà, il n’y a pas d’analyse concernant l’inscription de cette information donc, pour l’instant, cela ne sert strictement à rien pour une utilisation professionnelle.

Chez BCB
Chez BCB, on est un peut plus en avance : on peut inscrire un motif de prescription, mais aussi un motif de prise en charge en ALD. Ainsi, le médicament prescrit est retrouvé avec un feu vert - orange - ou rouge, affiché en fin de chaque ligne de prescription. Le critère 26 dans sa partie « spécifier si le traitement est prescrit dans le cadre d’une ALD » semble donc correctement compris par BCB.

Mais comment BCB peut-il aider le prescripteur dans ce domaine, puisque cela n’est pas inscrit dans les RCP ? Cela fait penser étrangement à Clic@ld proposé par les URCAM [1]... que BCB aurait intégré, mais sans signaler la source de son information.
La confirmation de l’intégration de clic@ld vient en testant une ALD non-Clic@ld-isée, par exemple : « maladie d’Alzeimer ». Cet essai permet de constater aussi que cette fonctionnalité n’est pas encore au point, puisque tout serait interdit dans cette ALD.

Commentaires
Certaines parties de critères du référentiel de certification des LAP semblent anodines. Cependant, elles obligent les éditeurs de BDM et de LGCM à réaliser dès maintenant des fonctionnalités soumises à test, mais qui ne serviront à rien d’autre qu’à préparer un avenir plus ou moins proche, avenir où les caisses d’assurance maladie imposeront, quand elles seront prêtes, l’utilisation d’un outil obligeant unilatéralement au respect des AMM et des ALD selon leur point de vue.