Les seuls tests de certifications retenus concernent la prescription de VOLTARENE ALDACTONE DIAMICRON ACTRON TRIFLUCAN en relation avec l’état de grossesse.
Ainsi, si un LAP donne un signal d’alerte pour un de ces 4 seuls médicaments, il est validé pour ce critère
Pour parler simple, à propos d’un logiciel certifié pour la gestion des contre-indications, on pourra dire « il peut le faire », ce qui ne veut aucunement dire qu’il le fait comme pourraient le souhaiter les médecins. Nous allons le voir.
Tester une base de données médicamenteuses
Quand je teste une base de données médicamenteuses (BDM), je le fais toujours au hasard, seule façon de vérifier que le travail d’informatisation des monographies des médicaments a été effectué correctement et que les thésaurus de recherche proposés sont valides.
Je suis parti de la recherche multicritères (RMC) du Vidal Expert, en tapant au hasard « Infect », puis j’ai sélectionné « infection bactérienne », terme assez général.

Ce qui m’a ramené la liste des médicaments qui ont cette contre-indication.

J’ai donc fait comme dans le référentiel, j’indique la bonne contre-indication, et je teste... Bravo, c’est efficace.

Seulement, les médecins ne fonctionnent pas comme les informaticiens
Quand un patient est malade, le médecin ne cherche pas comme ci-dessus l’item valide pour que son LAP fonctionne correctement, pour un seul médicament, mais il indique au bon endroit la maladie que présente son malade, en espérant que l’informaticien aura fait son travail de rapprochement de toute saisie codifiée de pathologie ayant la même signification pour une même contre-indication ; par exemple, le médecin saisit ici :

et quand il prescrit, il attend UNE alerte « certifiée » HAS :

Pas de chance, aucune des maladies infectieuses sélectionnées ne provoque l’alerte attendue !
Tournons-nous vers la concurrence pour comparer...
Sélectionnons les mêmes différentes maladies infectieuses...

Nous remarquons que le résultat attendu est présent...(un bug du LAP fait que seule l’infection du haut est allumée), mais que la rhino-pharyngite n’est pas prise en compte.



Curiosité : pour un abcès, il faut indiquer « de la face » pour prise en compte.

Cette base permet de sélectionner des items issus de l’AMM, mais aussi de la CIM 10 ; cela est-il aussi efficace ? Exemple avec la sinusite aiguë.

Et bien oui...

Et si la base alternative propose aussi la même chose,

le résultat n’est encore pas au rendez-vous...

La gestion des contre-indications à partir de la CIM 10
La possibilité de gestion des contre-indications à partir des items de la CIM 10 pourrait faire croire à certains que l’on peut changer de base si l’on est plus satisfait de l’une d’entre elles... Hélas, comme le montre cette capture d’écran, si les deux items présentés sont identiques, ils ne viennent pas de la même base, et ne sont pas interchangeables (le triangle jaune signifie que l’item CIM 10 en provenance de VIDAL Expert n’est pas reconnu par la base BCB).

Conclusions
La gestion des contre-indications étant un processus important de la lutte contre la iatrogénie, la HAS a inscrit dans son référentiel de certification un critère (38) pour tester la capacité des LAP à gérer cette fonctionnalité. Mais « être capable de gérer » ne veut pas dire « gérer ».
La principale question que devrait se poser un éditeur de BDM n’est elle pas : « le choix d’un item de contre-indication doit-il être un casse-tête chinois pour l’utilisateur ? »
Encore une fois, si les RCP étaient informatisés, la signification d’un item de contre-indication serait totalement précisé à la base avec tous ses alias, par qui de droit.
Cette batterie de tests faite au hasard se veut aider chacun à mieux choisir sa BDM couplée à son logiciel métier, mais soyez rassurés, mes tests n’étant pas ceux sélectionnés pour valider une certification, les deux bases actuelles seront, malgré mes tests, considérées comme répondant au critère 38 de la HAS.