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29 / 07 / 2010

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La tribune 18 juillet 2007

Dossier médical personnel : les raisons d’un échec

mardi 17 juillet 2007.
 
 
Le dossier médical personnel (DMP) est au point mort. Le ministère de la Santé pourrait relancer le projet après la publication du rapport mené par l’Igas et l’IGF.

Tout le monde s’accorde à le dire : le DMP sera peut-être un outil performant et incontournable, mais pas avant dix ou vingt ans. A ce jour, force est de constater que le dossier médical personnel est un échec. La rentrée devrait d’ailleurs marquer l’avènement d’une quatrième version du DMP avec changement de nom à la clef. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot, qui a exprimé en juillet sa volonté de faire une pause, attend deux rapports pour se prononcer : celui de la Cour des comptes et celui que mènent conjointement l’IGAS, l’IGF et le CGTI (Conseil général des technologies de l’information), les dépenses récentes du GIP-DMP, notamment en matière de communication, ayant été jugées excessives. Le dossier est aussi suivi de près à l’Élysée.
Présenté par l’ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy comme le pilier de la réforme de I’assurance-maladie de 2004, le DMP devait initialement être opérationnel le 1er juillet 2007. Il devait surtout permettre à la Sécurité sociale d’économiser 3,5 milliards d’euros par an. Un mirage auquel les promoteurs du dossier médical n’ont peut-être eux-mêmes jamais cru. « Le DMP n’a pas été lancé pour faire des économies, ce n’était qu’un habillage », explique un expert de l’assurance-maladie.
« Il n’est pas illogique de penser que le DMP entraînera à terme quelques économies, mais les objectifs fixés à l’époque étaient totalement hors de portée. Car le premier objectif du dossier médical a toujours été améliorer la qualité des soins », estime de son côté Étienne Caniard, membre du collège de la Haute Autorité de santé (HAS). C’est là que le bât blesse. Les objectifs, le rôle et la place du DMP ont varié au gré des changements de direction et d’équipes du GIPDMP. Son modèle économique n’est pas stabilisé et a déjà connu trois versions, du modèle historique sous Pierre Bivas donnant toute sa place aux industriels au modèle - actuel - plus centralisé et étatique voulu par Jacques Sauret. « L’Etat doit fixer des normes, des contraintes et de grands objectifs. tifs. Mais derrière, il faut laisser de la liberté aux industriels », pour suit Étienne Caniard. De fait, seIon Dominique Vadrot, chef du service de radiologie de l’Hôtel Dieu, « le DMP est un produit de santé au même titre que la radiologie ou les médicaments ».

PAS ERGONOMIQUE POUR LES SOIGNANTS


Autre handicap, le dossier médical n’est pas ergonomique pour les soignants. Il nécessite le plus souvent de leur part une double saisie des informations de santé, laborieuse, et qui mène droit à l’échec. S’y ajoute le retard criant des systèmes d’information hospitaliers (SIH). Sur ce point les avis divergent, certains prônant comme préalable l’informatisation des hôpitaux avant de lancer le DMP, d’autres misant sur l’effet accélérateur et structurant du DMP. Bref, le DMP souffre en fait d’une absence de fondamentaux. Quel modèle ? Quel rôle de l’Etat, de la Caisse des dépôts (à la fois membre du GIP-DMP et prestataire), du GIP-DMP, des régions et des industriels ?
L’enquête en cours permettra sûrement d’apporter un début de réponse. L’enjeu ne sera peut-être pas de fournir du jour au lendemain à tous les assurés un DMP mais de monter en puissance progressivement, en ciblant des populations précises comme les personnes en affection longue durée. Une thèse évoquée dès l’origine par ses concepteurs.

VÉRONIQUE CHOCRON ET CLARISSE JAY

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