André Loth pique une des deux casquettes de Jacques Sauret
Sans doute pour ne pas faire mentir l’adage qui dit que c’est dans les vielles marmites qu’on fait les meilleures soupes, André Loth vient d’être nommé le 1er août 2007, chef de la MISS en remplacement de Jacques Sauret. Le dernier 1er aout ayant marqué durablement l’histoire contemporaine date de 1999 avec la levée de l’embargo européen sur la viande britannique en raison de la crise de la « vache folle ».
Selon le calendrier celte, c’était aussi le jour de la fête druidique de Lugnasad, marquant le temps où on récolte ce qu’on a semé. Cette nomination d’André Loth ne manque donc pas de sel. En effet les problémes actuels des systémes d’information de santé étant en grande partie secondaires au carcan technique imposé par le chantier Sesam Vitale, dont André Loth revendique la paternité, le choix du 1er août est encore plus symbolique.
Avec un tel passif, André Loth pourra-t-il être le deus ex machina qui remettra miraculeusement l’informatique de santé en ordre de marche ?
Source : arrêté du 1 août paru au J.O du 9 août 2007.
André Loth, administrateur Civil, ancien Chef de Mission PMSI (1997), ancien chef de la division de l’informatique et des nouvelles technologies à la Direction de la Sécurité Sociale (Ministère de l’emploi et de la solidarité), ancien responsable de la mission Sesam-VITALE à la CNAM-TS.
En janvier 2004, il entame une période difficile loin de Paris. Il est « maintenu en position de détachement en qualité de directeur chargé de mission tarification à l’activité au centre hospitalier régional universitaire de Lille pour une période de trois ans » à compter du 5 janvier 2004.
En 2005, il deviendra directeur du Sytème d’Information Hospitalier du CHU de Lille.
Il sort enfin du purgatoire et revient aux affaires l’année dernière.
Un arrêté du 7 novembre 2006, entérine sa participation au Comité d’Orientation du GIP Dossier Médical Personnel en tant que « Personnalité qualifiée au titre des établissements de santé ».
Mission impossible ?
C’est le 31 mai 2007 qu’André Loth doit rendre son devoir à Marie-Caroline Bonnet-Galzysur. Ce rapport tant attendu, sera certainement l’alpha et l’oméga des NTIC santé.
Le 7 mars 2007, André Loth est chargé par Marie-Caroline Bonnet-Galzy, secrétaire générale des ministères chargés des affaires sociales, d’une mission à coté de laquelle les douze travaux d’Hercule sont de la roupie de sansonnet :
 "Lettre de mission" André Loth
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« (...) Vous êtes en outre chargé d’une mission spécifique relative aux SI de santé qui vous conduira, dans les trois mois, sur la base notamment des rapports récents de l’IGAS (rapport Laroque-Laffon [1], rapport Gratieux-Ollivier), des échanges en interne et avec l’assurance maladie sur les scénarios proposés par le chef de la MISS [2] et enfin des attentes des acteurs (telles qu’elles ressortent en particulier des groupes de travail animés par la MISS), à proposer un document d’orientations, constituant un plan directeur stratégique des systèmes d’information de santé, assorti d’une méthode et d’un calendrier. Il définira notamment
une organisation pour le pilotage stratégique des systèmes d’information de santé, en distinguant la cible et le cheminement, notamment budgétaire, pour y parvenir,
une répartition efficiente des missions confiées aux divers organismes spécialisés qu’il s’agit de coordonner et pour certains de regrouper afin d’aboutir à un meilleur emploi des ressources.
Pour ce faire, vous recevrez l’appui de la MISS qui assurera le secrétariat du comité de pilotage et vous prendrez l’attache des principaux responsables du secteur. Vous me rendrez compte régulièrement de l’avancement de vos propositions et de l’accueil qu’elles reçoivent. Vos propositions sont attendues pour le 31 mai 2007.
Enfin et compte tenu de l’importance stratégique du projet DMP, vous m’assisterez dans la coordination de la tutelle Etat des différentes directions et services sur le GIP DMP. Vous vous assurerez notamment que les actions menées non seulement par le GIP DMP mais aussi par les autres opérateurs des SI de santé (notamment le GIP CPS et le GIE SESAM Vitale) convergent vers l’interopérabilité entre les composants des systèmes d’information de santé constituant l’environnement du poste du professionnel de santé. »
Moins de 12 semaines pour faire l’état des lieux de la pétaudière des systèmes d’information de santé et trouver un remède de cheval !
Même aidé par l’infrastructure d’Hollywood, Jack Bauer, le héros de la série 24 heures chrono, n’y arriverait pas.
C’est donc avec une certaine impatience qu’on attend le rapport d’André Loth.
Sera-t-il public ou réservé aux élites de la nation ? Pour l’édification des générations futures, il est indispensable que ce monument élaboré en deux mois chrono et qui est sensé constituer la e-pierre philosophale des Systèmes d’Information dans les domaines - excusez du peu - social, travail et santé, soit diffusé !
Mais à coeur vaillant rien n’est impossible.
A propos d’ « actions menées [qui] convergent vers l’interopérabilité entre les composants des systèmes d’information de santé constituant l’environnement du poste du professionnel de santé », André Loth dispose d’une grande expertise. En effet, avec Jacques Sauret, il revendique la paternité du programme Sesam-Vitale, qui tel Tchernobyl contamine encore nos ordinateurs et a stérilisé durablement les évolutions du poste de travail du médecin.
Les index médicaux ne lui disent pas merci !

Kafka, n’aurait pu imaginer que depuis 1998, lors de la rédaction de chaque feuille de soins électroniques, tout professionnel de santé doive valider manuellement la case «
S’agit-il d’un accident ? ». Historiquement, c’était une idée d’André Loth. C’est pour cela que certains ont baptisé ce pensum du nom de « case de l’oncle Loth » !
L’Assurance Maladie a-t-elle fait le bilan économique de cette pénible obligation [
3] ?
Nos amis belges se sont lancés dans la simplification administrative. Un "
test Kafka wallon" a été mis en place. Il est obligatoire d’évaluer les charges administratives de toute nouvelle réglementation ainsi que de tout nouveau projet de décret.
A quand de telles procédures en France et en particulier dans l’e-santé ?
Même avec un tel passif, tout espoir n’est pas perdu. En effet rappelons que la Bible (Genèse 19, 30-38) relate déjà l’histoire de Loth, enivré par ses filles, qui s’unira à elles pour perpétuer la race humaine après la destruction de Sodome et Gomorrhe.
Revue de presse :
23 mars 2001 :
01 Net
Concernant les gains de productivité réalisés par l`Assurance maladie, « le projet s’équilibre aujourd’hui » , indique André Loth, responsable du projet Sesam- Vitale à la Cnam. A raison de 8 francs par feuille de soins papier pour un volume de 1 million de feuilles traitées par jour, la Cnam espère gagner 2 milliards de francs par an quand 80 % des feuilles seront électroniques. On n`en est qu`à 20 % aujourd’hui.
L’ordonnance dans le volet santé de Vitale 2 est très avancée. Le 1er février 2001 dans Medcost André Loth, responsable du pôle SESAM Vitale à la CNAMTS, prétend que la réflexion sur la possibilité de conserver des ordonnances dans le volet santé de Vitale 2 est très avancée. Aujourd’hui, le décret en Conseil d’Etat qui est sensé fixer le contenu et les conditions d’accès au volet de santé de la carte Vitale 2 est donc patiemment attendu par tous.
En février février 2002, dans Science et Vie Micro, il persévère : Depuis 1996, date à laquelle fut signée une ordonnance pour la mise en place d’un volet de santé d’urgence sur la carte Vitale 2 (de seconde génération), il est question d’élargir le contenu de cette carte à un volet d’urgence, même si, à ce jour, le décret n’est toujours pas signé. André Loth, patron du projet Sesam-Vitale à la CNAMTS, défend son initiative : "Le volet de santé d’urgence pourrait décrire les allergies médicamenteuses, les traitements médicaux en cours hors VIH, le suivi des soins, les coordonnées du médecin traitant, les coordonnées d’un dossier médical en ligne s’il existe, ainsi que les informations sur la maladie à l’origine d’une exonération de ticket modérateur (cette fois nommée). Cette nouvelle carte à puce pourrait aussi assurer le transport sécurisé des ordonnances électroniques du prescripteur vers le professionnel exécutant, qui les transmettrait alors à l’assurance maladie. L’assurance maladie elle-même n’aurait aucun accès à ce volet de santé, la carte Vitale de seconde génération n’en serait que le support. Son titulaire bénéficierait alors d’un droit d’opposition absolu vis-à-vis de toute écriture d’information dans son volet de santé."