11 avril 2006
Le Dossier Médical Personnel en voie de coma ?
Dans un communiqué, le CISS (Collectif Inter associatif Sur la Santé) met les pieds dans le plat.
Un Comité d’Orientation réduit à une chambre d’enregistrement !
« ... le comité d’orientation du GIP-DMP reste une chambre d’enregistrement si ce n’est un comité de promotion d’un DMP sur lequel nous avons perdu toute visibilité : une nouvelle orientation vient d’être adoptée par le conseil d’administration ... sans que le comité d’orientation en ait été saisi ! A quoi sert-il ? De la même manière, on apprend incidemment, lors d’une réunion d’un groupe de travail que le DMP va comporter deux volets : un volet patient et un volet professionnel. Ah bon, on croyait pourtant que le DMP ... était personnel ! »
« La valse des directeurs du GIP-DMP continue : déjà deux démissionnaires ou démissionnés en un an ! »
Le Comité d’agrément des hébergeurs est encalaminé
« Le comité d’agrément des hébergeurs n’est pas en situation de donner des agréments dans des délais. Parce qu’on ne lui a affecté aucun moyen, mais surtout parce qu’il n’existe pas de référentiels sur la base desquels il pourrait agréer.
Il va aussi donner des agréments pour l’expérimentation alors même que l’utilisation des cartes d’accès en milieu hospitalier seront aux mains de tout le monde... Pourtant, il a été décidé que les expérimentations se dérouleraient dans les mêmes conditions de sécurité que la généralisation. D’ailleurs y aura-t-il encore des expérimentations et à quoi serviront-elles si le GIP-DMP choisit, in fine, comme cela a été évoqué, d’opter pour un hébergeur unique ? »
Autre
communiqué du GIP-DMP le 10 avril 2006 :
Le GIP-DMP confirme son attachement aux expérimentations et procède à l’examen des modalités de la généralisation
Ce communiqué rédigé en langue de bois, n’apporte que peu de données fraiches : " ... Le CA du GIP DMP s’est réuni le 7 avril 2006. Après avoir fait un point sur la préparation des expérimentations, il a réaffirmé son attachement à l’implication de tous les acteurs dans la mise en place du DMP et sa volonté de s’appuyer sur ces expérimentations, qui ont lancé une dynamique au niveau local. Il a souhaité que ces expérimentations, prévues initialement sur cinq mois, soient prolongées de plusieurs semaines, pour répondre à la demande de l’ensemble des acteurs du terrain et pour tirer tous les enseignements de cette première étape. Elles seront lancées officiellement dès que la procédure d’agrément des hébergeurs de données de santé en cours sera achevée et que la CNIL aura donné son autorisation correspondante. Le Conseil d’administration du GIP-DMP a émis le souhait que cette procédure d’agrément débouche le plus rapidement possible afin de permettre aux sites pilotes de commencer à utiliser les DMP... "
Le point sur les expérimentations a dû être vite fait car ces dernières n’ont pas encore commencé. En effet pour cela il faudrait que les hébergeurs de données des DMP "pilotes" soient agréés préalablement or la CNIL et le “comité d’agrément hébergeur” prennent leur temps. Mais ces deux structures sont englués dans un Pot au Noir réglementaire.
N’oublions pas aussi le “décret CPS” en attente de signature depuis plus de quatre ans, qui plombe le dossier.
Le DMP est encore un navire en chantier.
Sans machine et avec des trous dans la coque, les essais en mer risquent d’être difficiles. Il semble que l’efficacité opérationnelle du Gip-DMP suive celle de la température matutinale actuelle... Enfin le printemps arrive.
Autisme de la passerelle de commandement
Quant à la "dynamique au niveau local", elle n’a pas dopé plus les professionnels de santé qu’une barre d’Ovomaltine. D’ailleurs les “acteurs de terrain” ne sont pas plus consultés que les associations de patients.
" ... Le Conseil d’administration a par ailleurs procédé à un premier examen des modalités de la généralisation du DMP, afin de le rendre disponible à chaque citoyen dans les conditions prévues par la loi du 13 août 2004. Ce travail va se poursuivre dans le cadre d’une séance du Comité d’Orientation, qui se réunira le 3 mai prochain. Une nouvelle délibération du Conseil d’Administration se tiendra le même jour pour arrêter la stratégie... "
Comme on est toujours au point zéro, il n’a pas dû être trop fatiguant de faire le point. Cela donne l’impression d’une discussion au yacht-club où des retraités après quelques verres de whiskies dans le nez, envisagent de battre le Cordon Bleu de la traversée transatlantique avec un ponton tracté par des mouettes...
La Loi du 13 août 2004 prévoyait qu’au 1er juillet 2007, chaque français devait être doté d’un beau DMP tout neuf, mais l’Amérique c’est encore loin...
" Le Conseil d’administration a en outre décidé un renforcement des équipes du GIP, pour lui permettre d’améliorer les conditions de pilotage du projet, et a adopté son budget... Le Conseil d’administration a décidé sur proposition de son président de mettre fin aux fonctions du directeur du GIP-DMP, Jacques Beer Gabel. Le nouveau directeur sera nommé au prochain conseil d’administration, le directeur adjoint assurant l’intérim durant cette vacance... "
Les mots "vacance" et "intérim" sont tout à fait appropriés pour qualifier l’activité du GIP-DMP. Curieusement le 10 février 2006 Jacques Sauret était nommé Directeur adjoint du GIP-DMP officiellement pour " renforcer le pilotage du GIP-DMP ", et deux mois plus tard, il pousse Jacques Beer-Gabel à la mer en lui piquant son hamac. Espérons qu’il n’a pas, lui aussi, signé un CPE...
Etrange application concrète du concept de "renforcement" que le débarquement de Jacques Beer-Gabel. N’y aurait-il pas une partie de chaises musicales au sommet GIP-DMP : Ainsi Pierre Bivas nommé le 13 avril 2005, président du conseil d’administration du GIP-DMP, après trois mois avait été pendu à la grand’vergue et remplacé par l’amiral Dominique Coudreau, jusqu’alors vice-président du conseil d’administration.
Quant à la gouvernance du DMP, les têtes, comme le vent, changent régulièrement.
Sur le quai, les rares curieux ont du mal à décoder les nuages de fumée : Lors du Medec, Jacques Sauret plaide pour un DMP "light" motorisé par l’Assurance Maladie et quelques semaines plus tard on remet la barre au centre, c’est à dire qu’on retourne aux anciennes options qui pour l’heure n’ont pas beaucoup fait avancer le paquebot...