8 novembre 2006
Lifting d’urgence pour Clic@ALD
Après sa calamiteuse version 1.07 d’octobre dernier, Clic@ALD s’offre un lifting d’urgence. Selon Marcel Garrigou-Grandchanp, qui a eu l’abnégation de la tester, Clic@ALD
« dans sa dernière version (V1.08) reconnaît enfin les dernières molécules. Par exemple pour l’hypertension, il n’est pas resté bloqué sur l’ESIDREX ou la TENORMINE comme la version 1.07...
Je n’ai pas eu le temps cet après midi de tester en détail mais les requêtes COZAAR ou NEBILOX ont retrouvé les produits même dans tous les dosages ! ! ! »
25 octobre 2006
Clong@ALD ?
Je reçois un mail :
« Nous vous informons qu’une nouvelle version de ClicALD a été mise en ligne. L’installation de la nouvelle version écrasera la version précédente. Nous vous en souhaitons une bonne utilisation. » Je télécharge la nouvelle version.
Cela commence fort. L’interface est aussi déprimante. Il faut toujours autoriser Explorer à "
utiliser le contenu actif".
Bill Gates se méfie de ClicAld, il a raison, en effet :
Je sélectionne "ALD n°12 (HTA sévère) :

Je tape "ATACAND", il ne trouve pas

Je tente "COZ", il ne trouve pas COZAAR
Conclusion : Poubelle ou "Clong d’or" comme dirait Georges Delamare.
Yves Adenis-Lamarre confirme : « Pour l’instant, je n’ai pu prescrire que Esidrex, furosemide ou Lexomil. Tout le reste semble supprimé. Je pense que la Sécurité Sociale a été au delà des recommandations de la HAS pour éliminer ce qu’elle juge inutile !
A moins qu’elle ne taxe les laboratoires pour percevoir un droit d’inscription, car sur les 18 furosemide existants, seuls 4 sont présents. Sur les 36 metformine du Vidal, seul la variété Irex 850 est indiquée.
Effectivement, poubelle encore plus rapidement que la dernière version.
L’URCAM a t’elle seulement essayé de faire marcher avant de livrer ? Je pense qu’eux mêmes n’en ont rien à foutre de ce bidule, c’est plus qu’évident ! ! Ils achètent et livrent un machin sans savoir de quoi il en retourne ; c’est ce qu’on appelle du gaspillage financier dont les médecins endossent la responsabilité. »
17 mars 2006
Bizone futée !
Enfin, plus d’un mois et demi, après le remplissage initial du formulaire « obligatoire » donnant droit à télécharger Clic@LD, le postier des URCAMs a fini par retrouver les adresses électroniques des médecins et leur a envoyé un mail annonçant la deuxième mise à jour cosmétique du produit.
Malgré ce qui était écrit dans le courrier signé par le directeur de l’URCAM donnant les clefs de Clic@LD, aucun des praticiens qui avaient notifié leurs adresses électroniques et coché religieusement la case «
Je souhaite être informé des mises à jour de l’application » n’avait reçu la moindre annonce de mise à jour.
Même si cela n’empêchait personne de dormir, pourquoi cet ostracisme antifulmédicien ?
Après enquête de l’inspecteur Bernardin, il s’agissait d’un problème technique sur le serveur des URCAMs !
10 mars 2006
Déjà la version 1.05 de Clown@LD, le logiciel qui fait rire les médecins !
Pour la télécharger directement,
cliquer sur ce lien.
En effet comme les quelques centaines de médecins qui par curiosité le plus souvent se sont inscrits, je n’ai jamais reçu aucune notification de mise à jour.
La version 1.05 :
rajoute un menu de recherche du bon bizonage par "classe", ce qui n’est pas d’un intérêt évident. On peut supposer qu’un médecin capable de connaître la classe réglementaire souvent ésotérique d’un médicament, n’a nul besoin de perdre du temps avec clic@LD pour bien bizoner.
On notera par exemple que "RO1 : PRÉPARATIONS NASALES" ou "R02 : PRÉPARATIONS POUR LA GORGE" ont le feu vert conjoint de l’URCAM, de la CNAM, de l’AMPI et de la MSA en cas d’"insuffisance respiratoire". Par contre les "PRÉPARATIONS OTOLOGIQUES" se font tirer l’oreille. Allez comprendre la logique clic@LDéiste !
L’assurance maladie a même édité un dépliant PDF « Pour vous familiariser avec ce nouvel outil, feuilletez le dépliant professionnels de santé »
6 mars 2006
REUTERS SANTE : Clic@LD : polémique autour d’un outil d’aide à l’utilisation des ordonnanciers bizones
2 février 2006
Hic@LD se rebiffe !
Visiblement les URCAMs ne sont pas contentes qu’on tape sur Clic@LD, fruit, sans doute, de longs brainstormings et de coûteux investissements de l’URCAM de Picardie.
Sur le site, il existe une nouvelle rubrique : "ClicALD : ce qu’en pensent les professionnels" : " (...) La sortie de ClicALD a suscité dans le monde de l’informatique médical et des professions de santé des réactions et un intérêt certain. Plusieurs sites ont relayé la sortie de l’outil des URCAM. Si un seul parmi eux a vivement critiqué l’application, les autres ont salué l’initiative des URCAM. Quelles soient positives ou négatives, ces critiques serviront à faire évoluer ClicALD pour satisfaire le plus grand monde. "
Prudemment, on a évité de titrer "ClicALD : ce qu’en pensent les professionnels de santé". D’ailleurs, personne ne peut répondre en ligne.
Si on cherche "Clic@LD" dans GOOGLE, on remarquera que 95% des sites qui brossent Clic@LD dans le sens du bizone sont ceux de l’Assurance maladie (Urcam, CPAM). Comme devait l’indiquer une note de service, ils se sont contentés de reprendre le publirédactionnel original.
Mais saluons le fair-play un peu masochiste des Urcams qui mettent un lien vers l’article de Fulmedico qualifié de « très polémique » ...
Un Clic@LD nouveau ?
Le 26 janvier, suite en particulier à la circulation de cet article avant sa publication, Clic@LD (
version 1.03) a été partiellement corrigé dans l’urgence. On a enfin expurgé de la base certains médicaments interdits ou retirés du marché.
Mais contrairement à ce qui avait été promis, les médecins, ayant téléchargé la version buguée, n’avaient pas reçu de mail annonçant le correctif cosmétique à cette date du 10 mars !
Lien direct d’accès au site en court-circuitant le formulaire.
Statistiques de téléchargement
20 janvier 2005
Le bizone peu respecté
Certaines maladies ouvrent droit à une exonération du ticket modérateur. Cette exonération est subordonnée à la reconnaissance par le médecin conseil d’une Affection de Longue Durée, [
1] et concrétisée par le remplissage d’un protocole de soins conjoint.
A cet effet l’ordonnance bizone est séparée en deux :

Les traitements prescrits en partie haute permettent une exonération à 100 %, mais doivent faire parti des classes thérapeutiques listées dans le fameux protocole.

Toutes les autres prescriptions doivent être rédigées dans la partie basse.
Or le manque de rigueur de certains médecins lors du remplissage de la partie supérieure de ces ordonnances, contribuerait à plomber encore plus les comptes sociaux.
Rappelons que les ALD concernent 7,5 millions de patients [2] et que la dépense moyenne annuelle par bénéficiaire de l’ALD est de 7450 € [3]. Globalement le coût des affections exonérantes représente plus de 58 % des dépenses de base des différents régimes, soins de ville et d’hospitalisation confondus.
L’Assurance Maladie attend d’une meilleure gestion de l’ALD, la moitié des enjeux financiers de la maîtrise médicalisée planifiée par la nouvelle convention médicale. Pour peu que l’ordonnancier bizone soit utilisé avec tact et modération, les Caisses en espèrent une économie de 500 millions d’euros.
Clic@LD, le Zorro de l’ordonnancier, est arrivé
On allait voir ce qu’on allait voir avec les Unions Régionales des Caisses d’Assurance Maladie [
4] dont une des missions est de promouvoir et d’évaluer «
les actions de coordination des soins et la mise en oeuvre des bonnes pratiques par les professionnels de santé ». Celle de Picardie souhaitant montrer l’exemple, a confié à la société CAP GEMINI FRANCE EST, la réalisation d’un outil sensé aider le médecin au bon remplissage de l’ordonnance bizone.
Très satisfaites de ce produit révolutionnaire, et sans doute après des tests qu’on imagine fort rigoureux,
les Caisses décident de généraliser l’expérience aux autres régions afin de bouter enfin la mauvaise prescriptance hors de France.
Depuis quelques jours, sur le site en ligne des URCAMs et des Caisses Primaires, on découvre Clic@LD.
Avant de disposer de cet e-outil qui va le projeter dans l’ère de la i-prescription, le médecin doit montrer patte blanche en remplissant un formulaire comprenant entre autres, son numéro ADELI et son e-adresse. En réponse, un mail est théoriquement renvoyé. Il contient un lien assurant le téléchargement. Ce message, aimablement signé par chaque directeur d’URCAM, lui « souhaite une excellente utilisation de clicALD » !
Premier souci, on ne peut l’obtenir sur une deuxième adresse, restriction qui pénalise les médecins exerçant sur plusieurs sites.
Plus simple, il est possible de le télécharger directement à partir de ce lien (version 1.03).

Deuxième gag, le navigateur Explorer (80 % du marché en France) analysant les macros de cette page HTML, il faut en autoriser le "contenu bloqué" lors de chaque utilisation. A ce stade, on peut déjà craindre qu’un médecin novice en informatique ou simplement pressé, décide de jeter l’éponge.
La prescription médicamenteuse est seule concernée.
Cela commence mal, les demandes d’examens complémentaires (biologie ou imagerie) ou les soins paramédicaux (infirmiers, orthophonie ou de kinésithérapie) ne sont pas traités !
Alors qu’il existe trente Affections Longue Durée, Clic@LD se limite péniblement à six.
Pour l’heure il faut se contenter des « Artériopathies chroniques », « Cardiopathies et insuffisance cardiaque », « Diabète », « HTA sévère », « Maladie coronaire », « Insuffisance respiratoire ».
Les intitulés réglementaires ne sont pas toujours utilisés, laxisme un peu surprenant de la part de l’Assurance Maladie : [5]
Les plus fréquentes comme « Affections psychiatriques de longue durée » ou « Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique » sont aux abonnés absents.
Sur le plan fonctionnel, c’est assez léger. On peut même dire que l’ergonomie est homéopathique. Ainsi il faut impérativement sélectionner les médicaments individuellement et pour chaque affection exonérante. Il n’y a pas non plus de mémorisation possible de l’ordonnance.
Clic@LD se prend une claque
En explorant les fichiers fournis avec l’outil Clic@LD, on constate que la base des médicaments est locale (data.js). Si on la consulte, on note déjà la présence de fautes répétées "SYSTHEMIQUES", "ANTI-IFLAMMATOIRES", etc. Visiblement le géniteur ne connait pas l’usage du correcteur orthographique.
Plus grave, on y trouve des médicaments retirés du marché depuis belle lurette (BIOSTIM®, IMOCUR®, IMUDON®, IRS 19®, RIBOMUNYL®, etc... ). Le VIVALAN® a tiré sa révérence en septembre 2005. La DIGITALINE Nativelle® a disparu en octobre 2003. Le DECADRON® n’existe plus depuis juin 2001. la CATALGINE® a quitté la piste en mai 2001. La NATISEDINE® n’est plus délivré dans les officines depuis le 9 avril 2001. L’ATRIUM® ou le DROLEPTAN® ont disparu des rayons des pharmacies, quand même, en mars 2001.
Sans doute par souci d’équilibre, les médicaments récents sont absents !

Techniquement Clic@LD se sert de la classification ATC (Anatomical Therapeutical Chemical), mais elle n’est pas vraiment adaptée pour le bizonisme automatique.
Comme la LYSOPAINE® ou le LOCABIOTAL® (non remboursés) dont l’ajout ou non, sur l’ordonnance est indolore pour les comptes de la sécurité sociale), l’OROPIVALONE BACITRACINE® (non commercialisé depuis septembre 2005) qui, comme chacun sait, est une banale pastille pour la gorge, serait, selon Clic@LD, "un médicament en rapport direct et incontestable" avec une "insuffisance respiratoire ".
Même indicateur au vert pour l’ISOFRA® (arrêt de commercialisation le 20 juin 2003) et dont l’indication unique était : « traitement local d’appoint des infections de la muqueuse rhinopharyngée ».
Le MAXILASE® (alpha-amylase) dont le Service Médical Rendu est insuffisant pour l’AFSSAPS, bénéficie des mêmes encouragements, si prescription dans le cadre d’une "insuffisance respiratoire" !
Les exemples sont multiples ! Ainsi ce pauvre VASTAREL® [6] dont les deux seules indications officielles sont « traitement prophylactique de la crise d’angine de poitrine » et « traitement symptomatique d’appoint des vertiges et des acouphènes », bénéficie d’une erreur d’arbitrage avec un étonnant feu vert pour l’ALD "Cardiopathie-Insuffisance cardiaque" et d’un mérité carton orange pour l’ALD "Insuffisance respiratoire". Curieusement alors qu’il joue à domicile dans le cadre de la "Maladie coronaire", il écope pourtant d’un carton orange.

Le
SURVECTOR® pourrait même selon le logiciel des URCAMS avoir un «
rapport indirect et inconstant avec l’artériopathie chronique » alors qu’il s’agit d’un
antidépresseur retiré du marché en janvier 1999, en raison de « surconsommation avec difficultés de sevrage chez des patients pharmacodépendants. » En fait, tous les anxiolytiques et antidépresseurs bénéficient d’un feu orange dans l’indication "artériopathies chroniques avec manifestations ischémiques". Pourtant selon le
Haut Comité Médical de la Sécurité Sociale , pour cette affection de longue durée «
La prévention secondaire n’inclut pas un traitement systématique anxiolytique ou "tranquillisant" dont l’efficacité au long cours n’a pas été démontrée. »
.
Clic@LD a des trous de mémoire
L’
« Artériopathie chronique » n’aime pas les antidiabétiques expulsés par un feu rouge. Pourtant c’est un facteur de risque, mais il existe pour eux une ALD spécifique.
Mais alors pourquoi, lors de la prescription dans l’
« Artériopathie chronique », en dehors des béta-bloquants (feu orange), les antihypertenseurs ont-ils eux le feu vert de l’Assurance Maladie ? C’est oublier que ces prescriptions dépendent de l’ALD
« Hypertension artérielle sévère » avec dans les critéres de prise en charge :
« Antécédent d’accident vasculaire cérébral transitoire ou existence d’une artériopathie des membres inférieurs asymptomatique dépistée, entre autres signes cliniques, par la disparition des pouls tibiaux postérieurs ou fémoraux. » Une artériopathie chronique c’est aussi une
vascularite inflammatoire [
7]. Or la tentative de prescription d’un corticoïde chez un patient atteint d’une périartérite noueuse ou d’un maladie de Horton ou de Takayashu, entraîne le feu rouge !
.
Encéphalite spongiforme bureaucratique
Chez des médecins jusqu’alors rigoureux, il est possible que la validation des ordonnances par Clic@LD contribue à faire s’envoler le nombre de lignes dans la partie supérieure de l’ordonnance. Cet effet secondaire nuirait gravement au but recherché !
Nettement plus inquiétant est la présence du VIOXX® retiré en septembre 2004 , pour « doublement du risque relatif d’événements cardiovasculaires (infarctus du myocarde et accidents vasculaires cérébraux) par rapport au placebo » [8] .
Pire, le STALTOR® (Laboratoire Bayer) et le CHOLSTAT® interdits depuis août 2001, car ayant provoqué la mort dans le monde d’une centaine de patients par rhabdomyolyse , répondent aussi à l’appel !

Il est assez surréaliste de voir, en janvier 2006, s’afficher le feu vert de l’Assurance Maladie lors de la tentative de prescription de médicaments dont l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) est officiellement annulée. Quand ce retrait, pour certains datant de plusieurs années, est la conséquence directe de la mort de patients, c’est encore plus consternant !
Visiblement l’énorme battage médiatique, qui a entouré la mort commerciale de ces différents produits, n’a pas réveillé l’URCAM.
Cette systématisation dans l’approximation et l’erreur, est la seule chose qui force l’admiration dans Clic@LD.
A compter du 1er janvier 2006, l’article L. 161-38 de la Loi du 13 août 2004 a chargé la Haute Autorité de Santé "d’établir une procédure de certification des sites informatiques dédiés à la santé et des logiciels d’aide à la prescription médicale ayant respecté un ensemble de règles de bonne pratique".
Il est à craindre que Clic@LD ne mérite qu’un zéro pointée !
En terme de bases médicamenteuses, il existe aussi une jurisprudence. Le 17 mai 1999 (JO du 11 Juillet 1999), l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, avait carrément interdit la diffusion du logiciel SesamDoc diffusé par Bayer pour promouvoir son STALTOR® car "considérant que ce logiciel est manifestement contraire aux dispositions de l’article L. 551-1 du code de la santé publique. En effet, cette base de données est très incomplète et n’est pas à jour, ce qui est de nature à porter atteinte à la santé publique : (...) des spécialités retirées du marché depuis plusieurs années y sont toujours présentées tandis que d’autres médicaments commercialisés sont absents de la base, ce qui peut induire les prescripteurs en erreur lors de l’établissement de leurs prescriptions ;"
.
Le SMR oublié !
Cet outil ne prend pas non plus en compte le SMR (Service médical Rendu) des médicaments.
Proclamer, comme le fait Clic@LD, que les vasodidateurs cérébraux et autres oxygénateurs de neurones, dont le SMR est notoirement insuffisant, sont des médicaments ayant un rapport « direct et incontestable » avec les « artériopathies chroniques » est pour le moins contestable et constesté par la communauté médicale, l’AFSSAPS et même le Ministère de la Santé. Depuis 1999, une réévaluation de toute la pharmacopée française a été engagée, afin de lancer des plans de déremboursements ou de baisse de remboursement de médicaments de faible utilité, dont l’augmentation pèse sur les comptes de Sécurité Sociale, abonnés au rouge.
Elisabeth Guigou, alors ministre de l’Emploi et de la Solidarité, avait par un arrêté de septembre 2001, abaissé le taux de prise en charge par l’assurance maladie de 65 à 35% de 148 produits à SMR insuffisant. Dans cette liste on trouvait des médicaments «
vasodilatateurs et traitements des troubles de la mémoire ». Les conclusions de la Commission de Transparence de l’AFSSAPS restent aujourd’hui identiques pour toutes ces spéciatités :
« Le service médical rendu est insuffisant dans l’ensemble des indications thérapeutiques pour justifier une prise en charge. » En clair cela veut dire que ces médicaments sont inutiles et ne devraient plus être remboursés.
Or le 20 juin 2003,
le Conseil d’Etat annule cette baisse du taux de remboursement des deux vasodilatateurs Duxil® et Trivastal® du laboratoire Servier pour "
défaut de motivation des avis de la Commission de la transparence".
Afin de ne pas faire de jaloux, le 24 juillet 2003, il rend une décision identique avec dix autres médicaments : Gevatran®, Praxilène® (Lipha Santé), Fonzylane® et Olmifon® (Lafon),
Tanakan® (Beaufourg-Ipsen Pharma),
Cervoxan® (Pharmapharm), Ginkogink® et Tramisal® (Urpac Altier), Nootropyl® (UCB Pharma) et Geram® (VedimPharma).
Finalement le 28 septembre 2005, l’AMM du Duxil® a été retirée et ce médicament au rapport bénéfice/risque défavorable, commercialisée depuis 1978, prend une retraite bien méritée [
9] .
Bien entendu, Clic@LD ignore encore cette décision de l’AFSSAPS et le Duxil® bénéficie d’applaudissements lors de sa prescription.
Soutenu par ce feu vert de l’Assurance Maladie, le Duxil® entamera t-il un nouveau come-back ?
.
PIRES ou nouveau protocole de soins issu de la Loi du 13 août 2004.
Les Caisses oublient aussi que dans le nouveau protocole de soins pour les patients atteints d’une affection de longue durée, il existe une zone listant les soins nécessaires au traitement de l’ALD. La conséquence réglementaire, c’est qu’
un médicament ne peut être écrit dans la partie supérieure de l’ordonnance, que s’il fait parti des classes thérapeutiques validées du protocole !
.
L’intention des URCAMs est bonne, mais la réalisation tient de l’amateurisme
L’exercice de la bi-prescriptance est difficile et, c’est regrettable, Clic@LD rate sa cible par manque de rigueur. Quand on entend donner des leçons de prescription aux médecins, il convient de diffuser un outil parfait, convivial et surtout utilisant une base pharmacologique ne contenant pas des médicaments pour certains interdits depuis décembre 1998.
Dans le mail de demande initiale, le directeur de l’URCAM, précise que «
cette inscription permettra d’être informé des mises à jour », ce qui effectivement est assez indispensable !
Espérons que les agents des Caisses utilisent pas cet outil bancal pour contrôler les prescriptions ALD des médecins.
Pour des raisons d’ergonomie,
il serait beaucoup plus rentable et pratique d’intégrer cette fonctionnalité directement dans les logiciels métiers de prescription.
Les URCAMs oublient aussi que bientôt l’ « historique des remboursements », ex « web médecin » permettra aux médecins de consulter en ligne l’historique des remboursements des soins et prestations versés à chaque patient dans les douze derniers mois et supportera aussi les protocoles de soins. C’est interfacée à cet « historique des remboursements » qu’est la place d’un outil d’aide au remplissage de l’ordonnance bizone !
Conclusion
Annoncé comme
« simple, convivial, pratique ». «
Clic@LD n’a pas valeur de référentiel » prévient l’Assurance Maladie. Effectivement, c’est loin d’être le cas !
Selon la publicité abondamment relayée par les différents sites de l’Assurance Maladie, il suffit «
de sélectionner une ALD, renseigner un nom de médicament et on obtient facilement un avis sur leur concordance au titre de la prise en charge à 100 % ». L’ennui, c’est que l’avis de concordance n’est pas lui fiable à 100 % !
En analysant le code des fichiers, on notera que ce "chef d’oeuvre" a été réalisé par CAP GEMINI FRANCE EST.
Combien a t-il coûté à l’URCAM picarde ?
Fulmedico et d’autres associations d’usagers de logiciels, rassemblent un certain nombre de médecins compétents qui auraient gracieusement pu aider à mettre au point, voire même développer totalement Clic@LD compte tenu de son faible niveau technique.
Cette leçon servira t-elle aussi pour ceux qui imaginent que le DMP se fera de la même manière sans l’expertise des médecins utilisateurs d’informatique médicale ?
 Version originale de Click@LD avant travaux
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Version 1.02 mise à disposition des médecins par les URCAMs le 12 décembre 2005..
La version 1.02 n’est pas un millésime. Elle sent le bouchon. Mais il serait dommage de la jeter. C’est, pour les assurés sociaux et les médecins, un témoignage de la gestion de leurs fonds par les URCAMS. Cette version, datée de septembre 2005, est restée en ligne jusqu’au 25 janvier 2006 !
Le 26 janvier, suite en particulier à la parution de cet article, Clic@LD (version 1.03) a été partiellement corrigé.
Contrairement à ce qui était promis, les médecins ayant téléchargé la version buguée n’avaient pas reçu de mail annonçant le correctif à la date du 2 février.
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